Une motion de défiance a été déposée à l’Assemblée nationale contre le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, dans un contexte marqué par une recrudescence de l’insécurité en République démocratique du Congo, notamment dans la ville de Kinshasa.
L’initiative est portée par le député national Laddy Yangotikala Senga, qui met en cause la gestion du ministre face à la montée du banditisme urbain. Selon lui, la multiplication des braquages, des enlèvements et des actes criminels dans la capitale traduit des insuffisances dans la coordination et l’efficacité des services de sécurité.
Une procédure de contrôle de l’action gouvernementale
Dans ce contexte, la motion de défiance apparaît comme un mécanisme de contrôle parlementaire visant à engager la responsabilité politique du ministre. En droit congolais, une telle démarche permet aux députés d’interpeller un membre du gouvernement et, si elle est adoptée à la majorité, de conduire à sa démission.
La motion doit être examinée en plénière après avoir recueilli un nombre suffisant de signatures, une étape déterminante pour la suite de la procédure.
Une insécurité urbaine qui inquiète la population
Cette initiative intervient alors que la situation sécuritaire suscite de vives inquiétudes au sein de la population. À Kinshasa, plusieurs médias rapportent une recrudescence des actes de criminalité, allant des attaques à main armée aux enlèvements contre rançon, en passant par les violences attribuées aux gangs urbains communément appelés » Kuluna « .
Ce climat alimente un sentiment d’insécurité grandissant et met sous pression les autorités chargées du maintien de l’ordre.
Des réponses jugées insuffisantes
Face à cette situation, le gouvernement avait notamment lancé l’opération » Ndobo « , présentée comme une réponse à la criminalité urbaine. Cette initiative visait à renforcer les arrestations et à accélérer le traitement judiciaire des suspects.
Toutefois, malgré ces efforts, plusieurs observateurs estiment que les résultats restent en deçà des attentes, au regard de la persistance des actes criminels.
Un enjeu politique majeur
Dans ce climat tendu, la motion de défiance contre Jacquemain Shabani prend une dimension à la fois politique et symbolique. Elle reflète les attentes d’une partie des élus face à l’urgence sécuritaire, mais aussi les tensions autour de l’évaluation de l’action gouvernementale.
L’issue de cette procédure reste toutefois incertaine. Si la motion est adoptée, elle pourrait contraindre le ministre à quitter ses fonctions. En cas de rejet, elle laisserait néanmoins apparaître les fractures au sein de la majorité et la pression croissante exercée sur les responsables de la sécurité.



